SOREDIC, 60 ANS D’HISTOIRE
Au printemps 1965, six associations départementales fédérant des
salles de cinémas dans l’ouest créent la S.E.C.O. (Société d’Exploitation
Cinématographique de l’Ouest), SARL dont la gérance est confiée à Jean Bougoin.
Son but est de reprendre la gestion de salles familiales menacées de
fermeture ; les premières concernées furent le Gradlon de Quimper et le
Celtic de Saint-Nazaire.
En 1968, la société est transformée en Société Anonyme à directoire et
conseil de surveillance. Elle prend le nom de SOREDIC (Société Rennaise de
Diffusion Cinématographique), Jean Bougoin devient Président du Directoire.
Elle reprend alors les activités de l’association GASFO (Groupement des
Associations des Salles Familiales de l'Ouest), qui assure la programmation de
centaines de salles essentiellement paroissiales, et de la CALCO, une
coopérative d’achat de matériel et confiserie également en charge de la
vérification des copies 16mm et de leur routage.
Plusieurs cinémas sont repris au cours des deux années suivantes, à
Vannes, Rennes, Lannion et Laval. Fin 1969, la SOREDIC gère 8 cinémas, tous
mono-écran. Sa nouvelle activité d’entente de programmation rassemble de son
côté 255 salles de cinéma.
En 1974, après que la SOREDIC ait repris plusieurs cinémas à Rennes,
Quiberon, Le Croisic et Pornichet, ses salles en propre accueillent pour la
première fois plus d’un million de spectateurs annuels (sur 179 millions en
France). Avec les cinémas adhérents, la totalisation est de 2 940 000
entrées sur 162 salles, de nombreuses petites salles n’ayant pas survécu à la
baisse de la fréquentation qui marque cette époque.
En janvier 1975, Philippe Paumelle est nommé Président du directoire
en remplacement de Jean Bougoin, démissionnaire. Dans les années suivantes,
l’expansion de la société se poursuit, par la transformation en complexes de
certains cinémas existants, et surtout par la création ou le rachat de cinémas
dans les principales villes de l’ouest : Lorient, Brest, Saint-Brieuc,
Cherbourg, Nantes, La Roche-sur-Yon. Les cinémas des cités balnéaires sont
quant à eux cédés ou fermés.
En 1982, alors que la fréquentation des cinémas connaît un rebond (202
millions de spectateurs), la SOREDIC exploite 11 cinémas comprenant 36
écrans ; ils accueillent 2,2 millions de spectateurs sur l’année, portant
la société à plus de 1% de marché national. Avec les cinémas programmés,
l’entente rassemble 5 760 000 spectateurs.
Les années qui suivent, marquées par une forte chute des entrées en
salles (116 millions en 1992), voient la finalisation de la transformation et
de l’adaptation du parc de cinémas. Alors que les plus petits cinémas sont
fermés, les autres reçoivent des salles supplémentaires. En 1989, la SOREDIC
exploite toujours 11 cinémas, qui totalisent désormais 52 salles.
La décennie suivante est mise à profit pour consolider ce parc de
cinémas et préparer l’arrivée des premiers multiplexes. Le premier ouvre en
septembre 1999 à Lorient. L’enseigne Cinéville fait son apparition à cette
occasion. SOREDIC enchaîne alors les ouvertures : Saint-Nazaire, La
Roche-sur-Yon, Laval sont ainsi dotées de multiplexes. En 2003 se réalise la
première opération hors de son périmètre historique, avec la reprise du
multiplexe Gaumont d’Hénin-Beaumont, qui devient Cinéville. Le parc se compose
alors de 13 cinémas et 93 salles, qui accueillent 3,3 millions de spectateurs,
près de 2% du marché national (173,5 millions en France).
2004 est marquée par une profonde réorganisation des activités de la
SOREDIC, qu’elle structure par métier en créant deux filiales opérationnelles :
CINÉDIFFUSION, chargée de l’activité de programmation et d’animation,
CINÉVILLE, qui reprend l’exploitation et le développement des cinémas. La
SOREDIC devient alors une holding d’animation, chargée d’administrer ses
filiales et d’assurer leurs orientations stratégiques. Une troisième filiale
voit le jour en 2010, CIREO (Ciné Régie Ouest), régie de publicité locale à
destination des salles de cinéma.
Désormais en charge de l’exploitation, CINÉVILLE poursuit la politique
de modernisation et de développement de sa maison-mère en ouvrant de nouveaux
multiplexes à Vannes, Saint-Sébastien-sur-Loire et Quimper.
Philippe Paumelle assure la présidence de la SOREDIC jusque septembre
2012. Yves Sutter, Directeur Général de CINÉVILLE depuis 2005, en devient
Président-Directeur Général le 1er octobre.
La consolidation du parc historique presque achevée, les années 2010
voient une évolution dans le développement du groupe. CINÉVILLE s’intéresse à
de nouveaux territoires (Les Ponts-de-Cé), investit dans des cinémas de
proximité (Concarneau, Pont-l’Abbé) et accompagne des exploitants indépendants
dans la réalisation de leur projet (Alençon, Saint-Malo). Dans le même temps,
la SOREDIC élargit son domaine d’action au secteur des loisirs avec la création
de la filiale LOOPILAND.
En 2019, la SOREDIC consolide sa présence dans son berceau historique
de Rennes, avec l’ouverture de complexes Cinéville à Bruz et Vern-sur-Seiche.
Le siège social du groupe, qui emploie alors près d’une trentaine de salariés,
s’installe au sein du bâtiment de Vern-sur-Seiche.
La décennie suivante est marquée par la crise sanitaire du virus
covid-19, qui impose aux cinémas deux longues fermetures en 2020 et 2021. Cet
événement stoppe momentanément les investissements, mais au sortir de cette
période d’incertitude le développement du groupe reprend, de plus en plus axé
sur l’élargissement de son périmètre géographique. CINÉVILLE procède ainsi à
l’acquisition de plusieurs cinémas déjà associés au groupe, à Savenay et
Saint-Brieuc, et d’autres situés dans l’est de la France, à Dorlisheim et
Dijon.
Fin avril 2025, à l’heure de son soixantième anniversaire, la SOREDIC
est devenue un groupe d’envergure nationale. Sa filiale CINÉVILLE exploite 23
cinémas totalisant 177 écrans. Avec 6,3 millions de spectateurs en 2024 et une
part de marché de 3,5%, elle se place au 6ème rang national des
circuits de salles de cinéma. De son côté, CINÉDIFFUSION programme 344 salles
sur le territoire français. Avec 10,2 millions d’entrées en 2024, la société se
situe au 4ème rang national des groupements et ententes de programmation.
Le capital de la SOREDIC est toujours intégralement possédé par des
associations, la première d’entre elle, le GASFO, présidé par Gérald Jaffrès,
en détenant un peu plus de 70%. Pour l’exercice clos au 30 septembre 2024, le
chiffre d’affaires consolidé du groupe s’est élevé à près de 50 millions
d’euros. Début 2025, le groupe emploie 270 salariés (équivalent temps plein).